Une dose de bienveillance, ça vous dit ?

Qu’est-ce que la bienveillance au juste?

Si je prends la définition du dictionnaire, «c’est la capacité à se montrer indulgent, gentil et attentionné envers autrui d’une manière désintéressée et compréhensive ».
Oui, bien sûr que ça me dit ! J’en veux, j’en prends dès que l’occasion se présente, principalement lorsque je voyage. A ces moments-là, plus réceptive, plus disponible, j’accueille cette bienveillance que l’on voudra bien m’offrir. 
Partons aujourd’hui à la rencontre des dauphins, dernière expérience qui m’a offert   beaucoup de bienveillance. 
En Mer Rouge, au large de Marsa Alam, il existe un endroit privilégié, une réserve naturelle protégée et réglementée par les autorités égyptiennes où l’on peut approcher les dauphins dans des conditions extraordinaires. 

A bord d’un yacht très bien équipé, après deux heures de navigation, nous arrivons dans le lagon de Sataya en forme de coeur. Quel beau symbole ! L’eau est transparente, translucide, avec de beaux dégradés de bleu.
Tout paraît tranquille, calme. Ravie de me retrouver dans cet endroit magnifique, je ressens la plénitude du lieu, le calme s’installe en moi. Mon mental commence à tourner au ralenti et cela me convient parfaitement. Je mesure pleinement la bienveillance que la nature offre dans cet endroit privilégié. C’est sûrement la raison pour laquelle les dauphins ont choisi ce site afin de se reposer après une nuit en pleine mer à chasser pour manger. 
Au large, ils restent groupés et s’organisent au mieux pour piéger les bancs de poissons et échapper aux prédateurs. Au lever du soleil, vers cinq heures du matin, repus, ils viennent dans les eaux chaudes et sécures du lagon pour y trouver un peu de calme après une nuit bien remplie. 

Et puis, vers dix-sept, dix-huit heures, au coucher du soleil, ils repartent pour une nouvelle nuit de folie.C’est le même rituel tout au long de l’année. 
Je vais maintenant vous partager ce que j’ai vécu entre le lever et le coucher du soleil avec nos amis les dauphins. 
Equipée de masque, tuba et palmes, à bord d’un petit canot à moteur qui nous rapproche des dauphins, je savoure à l’avance ce premier contact. Quelle belle expérience à venir ! J’en ai rêvé sans savoir que j’allais pouvoir un jour passer du rêve à la réalité. Tout s’est décidé très vite. En faisant des recherches sur le Feng Shui, de rebond en rebond, je tombe sur un site proposant de nager avec les dauphins. J’approfondis mes recherches et je me retrouve quinze jours plus tard ici, à quelques brasses de ces merveilleuses créatures ! Incroyable, non ? 
L’air est pur, chaud. Je scrute au loin les déplacements des dauphins. Ils sont plusieurs à remonter à la surface pour respirer. Les nageoires dorsales visibles confirment la présence d’un petit groupe d’une centaine de cétacés.

Le canot, conduit par Mustapha, ralentit. Le moteur s’arrête. Les dauphins sont là, tout près, puis se déplacent de quelques mètres, contournent le bateau, repartent un peu plus loin. 
L’eau scintille sous le soleil qui commence à décliner, les nageoires brillent, apparaissent, disparaissent, ce spectacle est vivant, émouvant!Go, go, go… C’est le signal pour quitter le canot pneumatique. 
Masque et tuba positionnés, je tombe à la renverse. C’est l’unique manière de procéder pour éviter de blesser les autres passagers du bateau. Je m’exécute en suivant les conseils donnés au préalable. 
Bon, pour une première, c’est raté ! L’eau rentre dans le masque et le tuba ! Le temps d’évacuer l’eau, les dauphins sont partis un peu plus loin. Je n’ai pas eu le temps de les suivre, je me retrouve donc un peu isolée du groupe qui a réussi son entrée dans l’eau, contrairement à moi ! Comprends pas, suis douée pourtant, mais là, non !
Les dauphins sont un peu rapides et distancent rapidement le petit groupe. Mustapha, notre gentil guide, nous fait signe de remonter sur le canot afin d’aller un peu plus loin. Après avoir hissé tout le monde, nous voilà repartis pour quelques minutes de navigation zodiacale. Nous pouvons observer un ballet sans fin de dos arrondis, de nageoires aller et venir à la surface légèrement bosselée par des vaguelettes.
A nouveau le canot ralentit, stoppe, et…Go, go, go… Cette fois, c’est la bonne !Euh eh bien, non ! Je me retrouve emmêlée avec les palmes d’une participante et l’eau envahit à nouveau masque et tuba !Le temps de me dégager, le canot à bougé et m’a entrainée avec lui ! Une nouvelle fois à la ramasse par rapport au reste du groupe !Mais qu’est-ce qui m’arrive ! Ça me ressemble tellement peu ! Cela devient cocasse. Je ris toute seule en barbotant dans l’eau.

Bon, ce n’est pas grave, ce sera pour plus tard. Les tubas suivent tranquillement les nageoires. N’ayant pas envie de faire d’efforts pour les rattraper, je préfère regarder le spectacle au loin, légèrement flou derrière le masque. 
Dans ce lieu magique, tout m’invite à ralentir, à profiter de la douceur environnante. Ce n’est pas parce que j’ai parcouru un quart de la planète en avion pour être ici que je dois me montrer impatiente. Belle occasion pour moi de montrer ma bienveillance envers eux. 
Comment auriez-vous réagi à ma place ?
Me laissant envahir par la sérénité des lieux et désirant approcher nos amis, je me mets à penser « dauphin ». J’étudie quelques minutes le déplacement du groupe de cétacés et je comprends qu’ils vont finir par revenir dans ma direction.

Je reste tranquille, je flotte en dérivant très légèrement, de plus en plus persuadée que les dauphins finiront par passer près de moi. 
Sur le ventre, les bras en croix, je fixe le sable blond au fond. Ma respiration, amplifiée par le tuba, est le seul son que j’entends avec le petit clapotis des vagues. L’eau est belle, chaude. Je suis bien. L’ambiance est calme, sereine, bienveillante. Je repense à ce que j’ai appris dernièrement. Nos amis dauphins ne dorment jamais ! En fait, ils se reposent en déconnectant à plusieurs reprises un hémisphère de leur cerveau, puis ensuite l’autre. Durant ce «demi sommeil », dans le lagon, en sécurité, à l’abri de tout danger, ils récupèrent, nagent doucement, jouent, s’accouplent. 

Le dauphin doit remonter au moins toutes les vingts minutes à la surface car sa respiration n’est pas réflexe mais volontaire, en conscience.

Dans ce lagon, pourtant situé en pleine mer, je me sens également en sécurité. 
Je flotte toujours. Un peu d’eau est rentrée dans mon masque. Le bout de mon nez est submergé. L’impression imminente de boire la tasse me tire de mes pensées. 
J’entends les sifflements des dauphins. C’est bizarre, je ne les vois pas ! Après avoir évacué l’eau du masque, je jette un coup d’oeil à la surface de l’eau. Les tubas distancés par les nageoires reviennent vers moi. Impressionnant ! Je les avais entendus avant de les voir !
Oulala, pourvu qu’ils ne changent pas de direction ! Ils se déplacent lentement et restent principalement en surface. Masque replacé, je regarde à nouveau sous l’eau. Les sifflements sont de plus en plus forts. Cela devient impressionnant.
J’attends sans bouger. J’attends, j’attends….
Le bruit monte encore plus en décibels me confirmant ainsi leur approche, leur arrivée imminente !

J’ai l’agréable sensation d’être au milieu d’une caisse de résonance. Tout n’est que son. Le chant agréable des dauphins rempli l’espace faisant vibrer toutes les cellules de mon corps. Quel merveilleux ressenti ! Cela déclenche plusieurs émotions en moi, joie, bonheur, amour, bienveillance ! L’envie d’aimer tout le monde ! L’impression que mon coeur s’ouvre en grand ! 
Je ne les vois toujours pas mais je suis prête. De loin, j’ai déjà l’impression qu’ils m’apportent beaucoup, j’ai maintenant hâte de les approcher. Et le miracle se produit ! Ils arrivent. Ils sont devant moi, ils viennent à ma rencontre. Une petite centaine de dauphins repartis en plusieurs groupes ! 

Je les vois arriver, certains passent sous moi, d’autres à droite et à gauche. La mer est grande mais ils ont choisi cette trajectoire comme s’ils voulaient me faire un cadeau. Les tubas fatigués de les avoir suivis sont loin. Me retrouvant seule entourée de cétacés, je vis pleinement ce moment privilégié, extraordinaire.Une centaine de dauphins et moi !
Que demander de plus ? Leurs sifflements sont intenses et le ressenti est indescriptible. Les ondes émises sont aussi de la partie mais non mesurables par moi autrement que par cette sensation étrange de vibrations extrêmes. 

Je commence à basculer dans une phase d’émerveillement, de pure joie, de bonheur intense. Je ne pense à rien, à personne. Mon mental s’est tu. Je suis avec les dauphins, rien qu’avec les dauphins. Je suis un dauphin, ou plutôt une « dauphine »! Mes nouveaux amis tournent autour de moi, certains s’éloignent, puis reviennent, passent à droite, à gauche, sous moi. Ils dansent, virevoltent, remontent à la surface prendre un peu d’air. Certains ralentissent, d’autres accélèrent ou bien s’autorisent un petit saut. Ce spectacle est incroyable et il m’est offert. L’un d’eux, vient à mes côtés, ralentit, me regarde fixement. Je prends cela comme une invitation à le suivre et commence à nager à ses côtés sur quelques mètres. 
C’est surréaliste. Nous nageons tous les deux côte à côte ! Plus rien n’existe ! Juste lui et moi. Il m’observe attentivement. Je sens beaucoup de tendresse dans ce regard. Il semble me dire: « Allez, suis moi, viens avec nous ». Bien sûr que « oui, je viens, je te suis, c’est si bon de nager ainsi en ta compagnie ». Mes palmes ne sont pas assez performantes. Je n’arrive plus à le suivre. Il s’en va. Il rejoint un petit groupe plus bas. Comme j’aurai voulu prolonger cet instant magique ! Ami dauphin, merci pour ce moment merveilleux. Visions magiques, échanges intenses !

Observant ces magnifiques créatures, je commence à différencier par leurs tailles les mâles des femelles.Certaines sont suivies par leur bébé. Wahouuu, des bébés dauphins ! Qu’ils sont beaux ! Ils tournent autour de leur mère, les suivent de près. Ils sont si gracieux, si attendrissants.
Certains dauphins adultes s’accouplent par-ci, par-là. D’autres passent à quelques centimètres de moi me laissant ainsi découvrir les différentes nuances grises de leur peau belle et souple. Sur le côté leur oeil rempli de bonté me fixe un moment, des rayures et cicatrices témoignent d’anciennes bagarres entre congénères, leur dents bien alignées éclatent de blancheur. 
Au fond du lagon, ils se reposent et évoluent très lentement. Puis ils remontent en surface, lorsqu’ils sont dans une phase un peu plus active, joueuse. 
C’est là qu’ils établissent le contact avec nous, humains. Ils sont curieux et nous aiment bien, nous les bipèdes. Notre présence les distrait, éveille leur curiosité. C’est pour ces raisons qu’ils nous apprécient et qu’ils viennent à notre rencontre. 

En deux coups de nageoire caudale, ils peuvent se retrouver propulsés à quelques dizaines de mètres. C’est ce qu’ils font de temps en temps, quand ils le décident. C’est évident qu’ils fuient certains comportements humains mais offrent des moments incroyables à d’autres.
Leur approche régule l’attitude de certaines personnes. En les fuyant, ces dernières comprennent automatiquement qu’elles doivent changer si elles veulent pouvoir les approcher de près. Le langage dauphin pourrait se résumer à ceci : « je suis bienveillant avec toi, alors sois-le avec moi, sinon, je m’éloigne ». 
C’est réellement ce que j’ai ressenti. Etant seule et longtemps dans mon petit coin de lagon, c’est comme s’ils avaient perçu tout le respect que je porte aux animaux, et plus particulièrement à eux en ce jour de novembre. 
Ils sont venus à ma rencontre et sont restés longtemps en ma compagnie, m’offrant ainsi une expérience unique et inoubliable. 
Ils ont été bienveillants avec moi, m’ont bercés de leurs ondes et sifflements, m’ont frôlée, amusée, invitée à les suivre. Ils se sont éloignés quelques temps, puis sont revenus à nouveau m’entourer pour mon plus grand bonheur. 
Le soleil commence à tomber rapidement, ils s’éloignent pour se rapprocher de la barrière de corail afin d’aller vivre au large leur vie nocturne. Il est temps de remonter sur le bateau, de partager entre humains notre première rencontre avec nos amis les dauphins. 
Plus tard, à bord, réunis autour d’un cocktail de fruits frais, nous témoignons de notre expérience récente.

Personnellement, je plane encore. Etant tellement sereine, calme, détendue, je n’ai aucune envie de parler longtemps de ce moment de grâce. 
En quelques phrases, je résume ma rencontre avec les dauphins préférant rester dans ma nouvelle bulle de bien-être. 

Le retour de certains participants est sans appel. « Catherine, tu as eu un contact incroyable avec les dauphins ! Tu étais seule avec eux, et longtemps. Quelle chance ! Et puis, tu as l’air tellement bien, tu planes! »

Oui, je plane, et je vais planer encore longtemps. Je ne me rappelle pas avoir ressenti autant de bien-être, autant de douceur !C’était une parenthèse enchantée. 
Des recherches récentes sur les neurosciences expliquent très bien cela. Le contact avec les dauphins provoque une modification de la fréquence des ondes cérébrales, les faisant passer d’une haute fréquence (ondes bêta) à une basse fréquence (ondes thêta). Ces dernières associées aux sons émis par les dauphins procurent un profond état de détente, une sensation de bien-être, qui équilibre le subconscient et favorise dans le cerveau la production de neurotransmetteurs propice à la détente et à la guérison. D’autres témoignages sont très intéressants. Des personnes sont bouleversées par ce qu’elles ont vécu, des approches différentes toutes aussi fortes, des ressentis puissants. 

Certaines évoquent une cage thoracique qui s’ouvre enfin, une gorge qui se dénoue, un autisme qui s’allège, une peur qui s’estompe, une angoisse qui s’évanouit, un blocage qui cède, un message télépathique reçu… 
Le dauphin est notre ami et nous enseigne la bienveillance. Il nous transmet son énergie, il nous soigne, nous guéri de certains maux. Il vient vers celui qui souffre, celui en difficulté. 
Et la magie va s’opérer de jour en jour. Après chaque rencontre, la métamorphose agit sur certaines personnes avec des réactions fortes et visibles. Pour d’autres, cela reste doux et progressif. 
Certains en sont à leur deuxième voyage et peuvent ainsi relayer les témoignages du séjour précédent et leur propre expérience.

Alors, que dire de ces dauphins si ce n’est qu’ils sont bienveillants avec nous, les humains!

Ils sont précieux pour nous et nous apportent bien plus que de nager avec eux !
Ils n’attendent rien en retour, nous offrent généreusement ce dont nous avons besoin.L’essence même de la bienveillance ! 
Et vertu de la bienveillance, elle est communicative ! 
L’équipage et mes compagnons de voyage, nous nous sentions tous invités à nous témoigner de la bienveillance. 
Cette expérience m’a donné envie de partager cette aventure tout en les protégeant. 

J’avais choisi à la base un organisme responsable. Pas question pour moi d’aller nager avec les dauphins ! 

Non, je voulais avant tout les rencontrer dans les meilleures conditions possibles.
C’est réellement ce qu’il s’est passé.
Je souhaite à mon tour offrir ce que j’ai reçu et organiser une croisière annuelle de partage entre personnes bienveillantes, ayant une démarche similaire à celle que j’ai eue. 
Un doux moment d’échange entre humains avec nos amis les dauphins. 
Cela vous tente ? Alors, Go, go, go…

Catherine Fagard(coach en neurosciences et touriste professionnelle)
cathy.fagard@gmail.com
FB : Catherine Fagard