S’émerveiller en contemplant la planète du ciel

 
J’ai survolé beaucoup plus de pays que je n’en ai visités. Espérant un jour constater l’inverse, je continue chaque année à colorer ma palette de nouveaux voyages.
Les vacances commencent réellement une fois installée à bord de l’avion. Avant, cela reste encore du domaine du probable, de l’hypothétique. Pour l’avoir expérimenté quelques fois, l’avion peut-être retardé, annulé, remplacé…
Posant mon sac dans le rack prévu à cet effet, je garde mon appareil photo bien précieusement à proximité pour prendre des vues du ciel.
Ca y est, l’avion bouge et se dirige vers la piste. Enfin, je me détends.
A chaque fois, je savoure la chance que j’ai de voyager.
Depuis longtemps, pour agrémenter le trajet, je me suis inventée un petit jeu à bord : reconnaître ce que l’avion survole de la phase de décollage jusqu’à l’atterrissage. Ce petit exercice n’est possible que si le temps est dégagé bien évidemment.
 
Comme d’habitude, assise à côté du hublot, j’essaie de mettre un nom sur les pays, les villes, les fleuves, les lacs que l’avion survole…
 
Au décollage, il m’est arrivé de voir le stade de France, la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, le Sacré Coeur, Disneyland Paris, la Seine, la Marne, le Bois de Vincennes…
Bon, là, c’est facile, alors, n’ayant pas d’efforts à faire pour trouver, je regarde Paris et sa banlieue, en essayant d’identifier un maximum de monuments et de lieux.
 
Que c’est beau, je ne m’en lasse pas !
 
A chaque décollage, c’est comme si c’était la première fois. Les clics de mon appareil photo se font entendre à chaque fois que j’actionne le bouton. Plus tard, j’aurai plaisir à visualiser ces photos.
 
Plus loin, essayant de retrouver mon lieu d’habitation je suis les fleuves et rivières, les autoroutes pour me repérer.

A deux reprises, j’étais toute excitée d’avoir reconnu ma commune et une fois quasi hystérique d’avoir vu ma maison. 

En partageant ma découverte avec beaucoup d’enthousiasme à ma famille assise à côté de moi, je ne m’étais pas rendue compte que j’avais attiré l’attention des autres passagers. 
Leurs regards braqués sur moi, je replongeais aussitôt le mien à travers le hublot tentant ainsi de me faire oublier.
 
Bon, Catherine, on se calme, on se calme !
 
Mais avouez que tout le monde n’a pas cette chance et que cela vaut bien quelques petits cris de joie ! Non ?
Comment auriez-vous vécu cela, vous ?

La partie la plus intéressante du voyage arrive une fois la vitesse de croisière atteinte, enfin, si les nuages ne sont pas de la partie.

Connaissant à peu près le plan de vol, je vais donc m’amuser à découvrir ou bien reconnaître ce qui va défiler sous l’avion. Etant bonne en géographie, je me repère vite et bien.
C’est donc un vrai jeu pour moi.
 
Collée à mon hublot, je scrute, je scanne afin d’attraper un indice au vol. Cela peut-être un fleuve, une île, une montagne, un château… Ce premier repère trouvé, il m’en faut vite un deuxième confirmant le premier. Une ville en bordure de fleuve, de lac ou de mer, des plaines, une forêt …
 
Maintenant, réactivant ma mémoire, mes souvenirs, mes connaissances en géographie, comme dans un jeu télévisé, j’active tous mes neurones à la recherche de la solution. Et il faut faire vite, très vite parce que le paysage défile à près à mille kilomètres à l’heure.
 
Une idée surgit! il faut que je la valide en regardant à nouveau le paysage.
Tous les éléments visibles corroborent ou pas ma réponse.
Elle est juste. Ravie, j’élargis le champs de vision afin de figer dans mon esprit ce pays étudié petite, sur une carte scolaire.

Maintenant, je le vois en vrai, de haut, de très haut. J’éprouve alors de la joie, celle de pouvoir admirer la planète, notre planète d’en haut, de très haut !

C’est un peu comme pour une recherche Google. Vous avez la version map (scolaire) et la version Atlas (vue d’avion).
 
Je zoome et dé-zoome pour prendre quelques clichés. Je m’émerveille en permanence devant ces paysages à chaque fois renouvelés, parfois si proches et si différents, ces îles si bien dessinées, ces montagnes enneigées, cette palette de champs colorés, ces cultures abondantes, ces villages regroupés autour d’une petite église, ce pont majestueux…
 
C’est un enchantement pour les yeux. J’ai cette chance d’être surprise à chaque vol par la beauté de notre planète. Petit à petit, tout disparait derrière le hublot, j’ai beau vriller mon cou pour en profiter jusqu’au bout, arrive un moment où c’est fini, on passe à autre chose, à une autre devinette. Parfois, le paysage défile sans que j’ai réussi à résoudre cette petite énigme.
 
Souvent, les pays se suivent sans que le relief ait réellement changé alors la tâche est plus ardue. Quelques fois, n’arrivant pas à reconnaître ce que l’avion survole, c’est plus tard, grâce aux photos que je retrouverai de quel pays il s’agissait.
Quelques fois, c’est tellement explicite que je n’ai aucun doute sur le paysage qui défile. Admirant le pays qui passe sous mes yeux, je peux rêver, m’imaginer le découvrir, ou bien me souvenir l’avoir déjà visité.
 
Par moment, le paysage est désertique, beaucoup plus loin c’est une forêt dense, ou bien une immense agglomération ou encore des petits villages entourés de champs. Plus loin, on survole la mer ou l’océan. Les bateaux, énormes paquebots ou cargos, paraissent minuscules.
Où vont-ils. Que transportent-ils ? Quel pavillon arborent-ils ?
 
J’observe ces voitures qui roulent à droite ou bien à gauche, ce train qui passe, cet avion qui croise notre route plus bas ou bien cet autre qui nous croise à 10 000 pieds !
 
A quoi peut bien servir toute cette agitation?

Tout est petit, si petit.

Tout est furtif. Tout parait dérisoire de si loin et si simple.
 
Le référentiel n’est pas le même, le temps ne semble pas s’écouler à la même vitesse.
 
Toute cette vie me laisse à chaque fois songeuse, rêveuse.
J’ai l’impression de prendre du recul sur ma vie, sur nos vies, sur la vie.
Notre planète est tellement belle de si loin. On ne voit aucune frontière.
 
Cela donne l’impression que tout est uni.
 
Les pieds sur terre, je m’émerveille facilement et rapidement devant un paysage, une façade de bâtiment, un bel arbre…
 
A bord, il m’arrive souvent de vivre des levers et couchers de soleil. C’est un spectacle de toute beauté. Avec ou sans nuages, le soleil colore le ciel et l’horizon petit à petit. L’ombre avance sur la Terre doucement mais sûrement.
 
C’est un moment magique, propice à la méditation, à l’émerveillement.
 
Les couleurs sont parfois splendides, ce qui me vaut encore une petite salve de photos. J’aime aussi survoler notre Terre à la tombée de la nuit.
Mon petit jeu alors se restreint car seules les lumières permettent de me repérer. Les grandes agglomérations et les ports restent identifiables.
Les filets lumineux rouges et jaunes des véhicules sont bien visibles, le traffic est parfois intense.
Les autoroutes sont largement identifiables. Les bateaux éclairés sont isolés en pleine mer ou se croisent sur des couloirs maritimes.
Certains pays sont plus ou moins urbanisés, donc plus ou moins illuminés.
 
Plus tard, tout devient paisible, tout s’éteint petit à petit, ne laissant qu’une vie nocturne à peine visible à 10000 pieds.
J’aime cette tranquillité qui remonte jusqu’à mon hublot.

Regardez ce que vous survolez et  émerveillez- vous !

S’émerveiller, là-haut, c’est aussi face à une mer de nuages, la forme de certains ou bien tout simplement goûter à la chaleur du soleil transperçant le hublot, alors que nous venons de quitter des semaines de mauvais temps…

Les raisons ne manquent pas, elles sont là, à nous de les prendre, de les apprécier, de les savourer, de les partager.
 
Il m’arrive souvent d’interpeller ma fille, assise à côté de moi, plongée dans son film pour lui montrer ce que nous survolons.
 
C’est important pour moi qu’elle ne passe pas à coté de belles choses à voir,  à vivre, à ressentir…

J’ai des souvenirs de survols incroyables, éblouie par tant de beautés :

les pyramides d’Egypte, le temple d’Abou Simbel, les parcs nationaux de l’Ouest américain, les Alpes, le Vercors, Marseille, New York, Beyrouth, Budapest, Prague…
 
La liste est si longue!
 
Alors, la prochaine fois que vous prenez l’avion, je vous encourage à demander un hublot, observer, apprécier ce qui défilera sous vos yeux même si vous ne parvenez pas à l’identifier !
 
Peu importe ! Regardez ce que vous survolez et émerveillez-vous !
 
 
Catherine Fagard (coach en neurosciences et touriste professionnelle)
cathy.fagard@gmail.com
FB : Catherine Fagard