Ma Terre Mère

Ralentir sa consommation

 
Dans cette rubrique, je vous parlerai de tout ce qui est en lien avec notre Terre Mère.
Pourquoi  »Mère » ? Parce que c’est elle qui nous porte, qui nous nourrit, c’est elle qui nous fait vivre et c’est encore elle qui portera nos cendres… Parce que c’est par elle que la Vie débute, comme la Mère nourricière et protectrice, pour tous les êtres. Parce que, tout comme notre utérus, son humus EST la Vie (l’origine étymologique de utérus et humus est la même) et il nourrit le vivant.
En un mot, notre planète. Son écosystème, son équilibre, ses multiples richesses, qui ne sont pourtant pas infinies… Sa fragilité aussi, et bien-sûr, nous aborderons comment la préserver, comment la respecter et tenter, à notre niveau, d’oeuvrer pour que la Vie y demeure, et en particulier la nôtre, celle de l’humain… Parce qu’il n’y a pas de PLANète B, et parce que c’est bien nous qui avons besoin d’elle et non le contraire.

Ralentir sa consommation

(cet article est dédié aux hôtesses de caisse qui font un travail remarquable, difficile et fatiguant, sous le  »BIP » incessant du scanner des codes barres)

« Le meilleur déchet, c’est celui que l’on ne produit pas »

Quelles compétences ai-je pour vous parler de notre belle Terre ? Et bien… Bac + 28 ! Non, sérieusement, après avoir travaillé sur l’humain pendant plus de 15 ans (formatrice, coach, thérapeute…), je me suis reconvertie afin d’oeuvrer pour… l’humus !
Maître Composteur, ça vous parle ? C’est un métier nouveau dont les pratiques sont pourtant ancestrales, aussi anciennes que le jardinage que j’expérimente (le jardinage est toujours une expérimentation, comme la permaculture très à la mode ces derniers temps) depuis presque 30 ans. Le Maître Composteur a pour mission la Prévention/Gestion des déchets, et en particulier des biodéchets qui constituent 40 à 60% des ordures (le mot est fort, vous ne trouvez pas ? Il est aussi une insulte… Et pourtant, ces  »déchets » sont une véritable richesse ! Le compost est une ressource qu’il nous faut réapprendre à produire. Je vous en parlerai une prochaine fois.
 
Ce mois-ci, arrêtons-nous sur la partie  »Prévention » de ma mission, qui est la plus importante pour cette ambition de protection de notre environnement. Cela veut dire quoi ? Et bien, avant de parler  »déchets », si nous faisions déjà en sorte de ne pas en
produire ?… Finalement, c’est le début, non ? Sans problème, pas de gestion du problème !

Ralentir…

Ralentir, pour moi, ça commence par ralentir sa consommation… Avons-nous réellement besoin de tout ce qui déborde (jusque dans les poubelles… des grandes surfaces ? Ces rayons qui n’en finissent pas, c’est sérieux ?? Vous avez déjà cherché une brosse à dents n’est-ce pas. Avons-nous réellement besoin de 5 mètres linéaires pour faire notre choix de l’outil ? Pire encore, les protections périodiques… Vous avez vu toutes ces marques, ces options ?? Avec ou sans  »ailettes », spécial nuit, de flux moyen à haut débit… On se croirait dans la 4G !! Ou plutôt la 4ème dimension… Trop de choix tue le choix, c’est ce que l’on dit.
Non, sérieusement, la grande consommation a fait de nous des esclaves… des zombis… qui parcourons durant des heures les rayons pour acheter des produits qui nous sont pour la plupart inutiles ou superflus.
Pour moi, c’était devenu un enfer, et je ne m’y retrouvais pas, et pas seulement parce que je suis myope ! J’étais de plus en plus perdue au milieu de cet étalage de marques et noyée dans les choix, au détriment de la diversité. Diversité au sens de richesse, celle qui est portée par notre Terre Mère.
Alors j’ai fait un choix, il y a quelques années.

C’est le consommateur qui a le pouvoir

Forte de la certitude que c’est bien le consommateur qui a le pouvoir, je pratique le boycott. En tant qu’amatrice de plaisirs (les petits comme les grands!), j’ai décidé que  »Faire mes courses » serait un plaisir. D’après vous, quel boycott ai-je commencé à pratiquer pour que les courses soient un plaisir, libérées du superflus?…
Non non, je fréquente encore un peu les grandes surfaces…je vous l’avoue…mais j’y vais d’une manière bien spéciale… et très très rarement, lorsque certains produits restent introuvables en magasins spécialisés. Cependant, j’aspire, oui, à boycotter les grandes
surfaces bientôt… Je suis en chemin. Nulle n’est parfaite.
Certains produits bien sûr, comme l’huile de palme, sont à boycotter impérativement. Qui, aujourd’hui, peut ne pas être informée de la catastrophe écologique que la production d’huile de palme cause… et de ce qu’elle provoque sur le corps humain ?? J’ai même vu dernièrement une publicité télévisuelle qui utilise ce message bien connu sur l’habitat des orangs-outangs détruit pour vendre son produit sans huile de palme justement… C’était la Marque U je crois. Mais non, ce n’est encore pas la première chose que j’ai boycottée pour agir efficacement à mon niveau sur ma consommation…
 
Bon, vous séchez ? Et bien j’ai boycotté, depuis plusieurs années maintenant, le Caddie ! Vous savez, cette caisse à roulettes en ferraille que l’on pousse, comme les wagonnets du fond de la mine, qui est bien souvent impossible à manier, qui marche en crabe la plupart du temps et qui avale nos pièces de un ou deux euros pour un tour infernal à travers l’immensité des rayons du Temple de la Consommation. Oui, le caddie ! Celui que l’on ne trouve plus les soirs de grande affluence, la veille des Fêtes de Noël ou du Nouvel An, par trop de mineurs dans le gouffre et qui avalera, à coup sûr, votre énergie et votre porte monnaie à la sortie… Le caddie, cet engin infernal qui nous impose une queue interminable avant le ticket, toujours gagnant pour qui l’on sait, et qu’il nous faudra ranger, à l’abris de la pluie, après avoir vidé, afin de récupérer notre précieux sou…ou le jeton en plastique à l’effigie de l’enseigne… Celui-là même que parfois certains attendent près de votre voiture pour vous l’échanger contre une pièce parce que « Il n’y en a plus !… » Quelle folie ! Le caddie, emblème phare de la grande consommation, a fait de nous des moutons qui ne
cherchent qu’à le remplir…
 
Vous pensez que le caddie est indispensable ? Et bien non. Faire ses courses sans caddie, c’est possible !
Oui Mesdames, il est possible de boycotter le caddie, cette entrave commerciale, et de s’en porter bien. Mieux même ! Et c’est une maman de trois enfants qui vous l’affirme. Une maman qui a toujours préparé un repas fait maison à ses trois enfants, minimum une fois par jour, souvent plus. Une Maman Bio, autant que possible, mais pas que… Une maman qui travaille aussi.
 
Cela vous paraît impossible ? Essayez ! Certes, pour un changement, c’est un changement. Je vous le disais ; c’est un choix. Celui d’être libre de faire ses courses sans suivre cette frénésie du circuit imposé, et en allant uniquement à l’essentiel. Savez-vous que tout est étudié pour provoquer l’achat impulsif dans l’agencement des rayons, depuis l’entrée jusqu’à la sortie ? Le parcours est bien étudié. Pourquoi l’eau, les boissons ou les gros volumes sont à la fin ? Parce que c’est indispensable, et qu’on prendra toujours le pack d’eau ou de lait, même si le caddie est déjà plein… Et il est plein de quoi ? Du lot de 4 barils de lessive à prix coûtant ? Que vous mettrez 3 ans à utiliser ? De la promo  »Spécial Blanc du mois » ? Alors que nous n’avions absolument pas besoin de draps supplémentaires… Ben oui, c’était tout juste à l’entrée, tu sais, au moment où tu n’avais encore rien dépensé et que tu avais du temps ! « Mais tu comprends…, c’était une super promo ! J’ai économisé 50 % sur ma nouvelle parure de lit ! » Mais si l’on y réfléchit, avons-nous vraiment économisé ? On a pourtant bien dépensé, non ? Et ce n’était pas sur la liste… Essayez juste une fois, pour voir et comparer, de commencer le tour de votre grande surface habituelle dans l’autre sens… c’est à dire commencez par les boissons et ensuite les rayons frais, pour finir par l’entrée. Certes, il vous faudra traverser les files de clients en attente de paiement et surtout, les files de caddies alignés bien sagement devant les caisses… Sachez-le, c’est un
barrage fait exprès ! Mais vous constaterez que votre caddie sera bien moins rempli et que vous aurez rapidement tout ce que vous étiez venues chercher. Et une fois arrivée au rayon  »Spécial Blanc Super Promo ! », il n’y aura plus de place dans votre caddie ou votre cabas et vous serez de toutes façons pressées de rentrer à la maison et ranger les produits frais.

Libre, belle et re-belle !

Le boycott du caddie, c’est le choix d’être belle et rebelle, sans le ridicule de cette cage disgracieuse, bourrée de microbes en plus… où l’on assis nos tout petits…
Le boycott du caddie, c’est la liberté de passer à la  »caisse express » quand les pauvres  »zombis » attendent que Monsieur Lent dépose tout ses achats sur le tapis roulant… Le boycott du caddie, c’est Madame Bonheur et son joli cabas qui affirme fièrement sa liste de courses sans se laisser tenter par le marketing.
Distinguez-vous ! Adoptez le cabas ! Perso, j’ai un petit sac de sac à main toujours prêt à rendre service, dont la contenance offre l’essentiel. Et si j’ai besoin d’un peu plus, j’ai toujours un cabas dans le coffre de la voiture.
 
Et fréquentez d’autres lieux pour vos achats surtout ! Les marchés, les primeurs, les magasins de proximité. Le changement, vous verrez si vous l’adoptez, offre aussi de belles rencontres aux étals des petits marchés de nos villes. Il y en a plein vous savez ! Et
sûrement un sur le chemin de retour du boulot. Se développe aussi très bien les paniers des jardins maraichers locaux, qui, pour certains, vous livrent à domicile. Fruits et légumes de saison garantis ! Certes, vous aurez sans doute besoin de faire le plein du cabas plus souvent, oui, mais avec la qualité des moments passés chez le petit primeur du coin durant lesquels les liens et la confiance vont se tisser. Et les rencontres aussi ! Avec le voisinage, les anciens qui prennent le temps de vivre et qui, peut-être, partagerons avec vous les bons tuyaux, les manifestations de quartier et certaines récoltes. Car si vous avez la chance
d’habiter en zone rurale, sachez aussi que les récoltes se partagent volontiers ! Un cerisier dans le jardin, et c’est tout le voisinage qui peut en profiter. Un petit potager bien nourri, et ce sont des courgettes ou des haricots à volonté pour celui qui côtoie le jardinier. Sans oublier ce qu’offre la nature et la forêt ; les champignons, les noisettes, les châtaignes…et tous ces arbres fruitiers que l’on peut trouver à l’abandon et qui ne demandent qu’à nourrir les gourmets, les vignes sauvages… La nature est riche et généreuse.
 
Ici, aux Antilles, les cocotiers bordent les chemins, les plages… Les manguiers sont partout ! Il m’arrive d’en ramasser sans même sortir de ma voiture, juste en ouvrant la portière ! Oui, je sais, on a de la chance de vivre ici…  L’abondance est partout, ici
comme ailleurs. Absolument partout. Et tout se partage, à condition de jouer le jeu et de mettre le nez dehors aussi souvent que possible. Dites « Bonjour ! » aux voisins, proposez quelques une de ces prunes que votre sœur vous a rapporter de son jardin. Vous en aviez bien trop pour vous de toute façon. Le partage, ça c’est l’essence de la Vie… Et puis, dites-moi comment est-ce possible de consommer autant que ce que peut contenir un caddie en une semaine… ! C’est comme ça que l’on gâche les aliments parce qu’ils ne sont plus frais ou périmés. En consommant moins en volume, on consomme frais. Et puis, un dernier argument ; c’est un fait que l’on consomme davantage que nos besoins. Avec un  frigidaire moins rempli et davantage de produits frais, la satiété sera plus vite au rendez- vous, et le maintien de la ligne aussi !
Oui…mais comment ?

Je finis par quelques tuyaux, astuces et petits trucs pour y arriver en douceur… :

privilégiez les magasins bio ; les caddies n’y existent pas ! Pour les essentiels comme la farine, les légumineuses, quelques conserves ou encore le lait (végétal de préférence). Oui c’est plus cher (même si c’est complètement insensé…). Tant mieux ! Vous consommerez moins… 😉 La qualité est préférable à la quantité non ?!
ayez toujours un ou plusieurs cabas dans la voiture, et un sac de sac à main
prenez le temps de vous arrêter au petit marché que vous croisez sur le chemin du travail. Ce sera du temps de gagner à la caisse et aux étals de votre grande surface habituelle. Et vous aurez des produits de saison, et locaux le plus souvent.
laisser toujours des sacs plastique ou papier (ceux du magasin Bio ;-)) au fond du cabas pour vous en servir aux prochaines courses, c’est toujours des sacs en moins qui finiront à la décharge ou en poubelle
privilégiez les moyennes surfaces locales et habituez-vous à avoir moins de choix. Le choix n’est pas la clé du bonheur… C’est un leurre inventé par le marketing commercial.
et enfin, surtout, osez… Osez discuter avec un voisin du quartier que vous voyez jardiner, osez partager ce que vous avez, et osez demander aussi ! Le pommier plie sous le poids des pommes, beaucoup sont déjà tombées à terre… Osez toquer à la porte de son propriétaire…
Qui refuserait une part de tarte contre quelques pommes ?
Pas plus tard que mercredi, j’ai troqué un peu de beurre à ma voisine contre une belle part de gâteau coco. Coco trouvée dans la mangrove. Je vous garantis que j’ai fait une heureuse !
Parce qu’avec le phénomène bien connu de la Loi de l’Attraction, en étant généreuse et en partageant, on attire à soi la générosité et le partage !
Et pour la transition en douceur de laisser le gros caddie sur le parking, pensez à ce porte panier à roulettes que proposent la plupart des enseignes à l’entrée. Il faut quelque fois aller en chercher un aux caisses, mais souvenez-vous que vous n’aurez pas besoin d’y passer de longues minutes à attendre pour sortir du royaume des « bips »…
Bonne route sans roulettes Mesdames ! A bientôt pour un nouveau changement…en douceur !
 
 
Anne-Sophie Dequiedt (Maître Composteur)
Pour me contacter : a-s.dequiedt@laposte.net
Retrouvez-moi sur Facebook : Anne-Soleil La Quiétude