Quand la peur s’invite

Nous sommes tous pris par des peurs, des doutes, des angoisses. Vais-je y arriver ? Dois-je le faire ? Est-ce que je me trompe ? 
Je devrais…., il faudrait que….., peut-être que ci ou çà….. 
Pour faire aussi comme tout le monde l’expérience de la peur, je regarde comment elle se profile et comment je la recycle. 
Lorsqu’elle arrive, je me dis qu’elle est là pour me dire quelque chose. Plutôt que de la fuir, je lui fais face et je l’accueille. Je sais que si je lui tourne le dos, elle va revenir au galop et même plus forte. Je fais donc comme si c’était une amie de longue date que je n’ai pas vue depuis quelque temps et je l’invite à entrer dans ma maison. 
Alors m’dame ? Quoi de neuf ? Quelles sont  les nouvelles et que me vaut votre venue ? 
Si je prends le temps de l’entendre, elle me dit ce qu’il en est. Souvent je traîne un peu trop longtemps dans une situation et je résiste au changement. Alors je me décide à faire le pas et je la rencontre. Parce que Madame la peur se manifeste souvent au moment où nous voulons produire un changement dans notre vie et elle fait tout pour nous en empêcher.

Je peux être bloquée par la peur ou je peux l’utiliser comme un moteur pour avancer. J’ai choisi la seconde option. Lorsqu’elle pointe le bout de son nez, je lui dis que je vais continuer quand même. Le ventre se noue, la gorge se serre, les guibolles tremblent un peu mais j’y vais quand même surtout lorsqu’il n’y a aucun danger et que j’ai pris largement le temps de l’évaluer.


“Ce n’est pas la peur qui nous empêche de passer à l’action. C’est notre propre résistance au changement.”

Tout changement entraîne une peur de sortir de sa petite tranquillité. Aller vers une nouvelle activité professionnelle bouscule le cocon bien douillet. Quitter une relation sentimentale où nous savons qu’elle n’est pas épanouissante et qui génère des émotions négatives et du stress permanent, c’est se respecter. Il n’y a pas à avoir peur en croyant que derrière il n’y a rien d’autre. Car nous nous trompons en voulant croire que nous n’allons pas retrouver quelque chose de meilleur.

C’est nous qui bâtissons notre vie et qui donnons une direction à celle-ci. La peur n’est que le déclic qui nous fait prendre conscience que là, nous résistons au changement. Un changement nécessaire à notre évolution, à notre bien-être. Le corps est le premier à nous signaler que tout va mal et que nous n’entendons rien, que nous nous confortons dans des situations de vie absurdes. Il est le premier à manifester des symptômes qui nous font mal, migraines, maux de dos et de ventre, palpitations, tremblements, crises d’angoisse,  spasmophilie, angines, colites et tout le panel qui nous emmène chez le médecin à n’en plus finir.
Lorsque nous quittons la situation qui génère tous ces maux, quelle délivrance ! Et aussi, quel espace soudain plus vaste devant soi, là où l’on ne voyait rien la veille !

La peur est une amie. Elle peut être protectrice afin de prendre soin de soi pour ne pas non plus s’engager dans des situations inextricables et dangereuses. Et elle nous montre aussi là où nous résistons au changement, là où nous hésitons à franchir le cap vers autre chose parce que nous sommes sans cesse en train d’évoluer, de grandir et de mûrir.

Alors bienvenue Madame la peur ! Faites comme chez vous ! Je ne vous subis pas et vous ne dominez pas ma vie. Vous êtes juste de passage pour me signaler que là, j’ai à regarder certaines choses et à prendre des décisions pour mettre en place dans ma vie ce qui est essentiel.
Lorsque le choix est juste, mon corps me le signale par la détente et la tranquillité. Il me remercie de ne plus le mettre sous tension inutilement.

Patricia Voisin-Aujoux (Accompagnement holistique de l’être humain) 
sensetharmonie.com 
Pour me contacter : patricia.voisin@yahoo.fr