Prendre soin de la femme qui sommeille en soi

En chacune de nous il y a une femme à respecter dans le sens le plus sacré.

Quel beau sujet que celui concernant les enfants pour aborder celui de la Femme. Je n’ai pas envie de vous parler de votre rôle de mère ni de celui d’épouse ou d’amante. J’ai juste envie de remettre la Femme au centre.

Lorsque je me suis séparée du père de mes enfants, cela faisait 17 ans que nous étions mariés. Dix-sept années bien formatées (je ne l’ai vu qu’après) où je me suis comportée comme une bonne épouse et une bonne mère. En tous les cas, tout comme mon éducation me l’avait enseigné et dans ce que j’avais perçu du couple de mes parents et de mes grands-parents.

Je reprenais la suite d’une lignée et j’en assurais la continuité, fidèle à mon histoire.
Je ne peux pas dire que j’ai mal vécu. Au contraire, j’avais une vie plutôt confortable et dorée et le ronron quotidien rythmait ma vie. Pourtant, il y a eu un moment où le ronron a commencé à dérailler et où je me suis sentie de plus en plus mal dans une vie qui ne me convenait plus. Comme une impression de faire partie des meubles et que c’était bien comme çà. Mes amies et ma famille me disait que je n’avais pas à me plaindre, que j’avais un mari en or et une vie super chouette. Et pourtant, à l’intérieur, je ressentais une souffrance qui grandissait de plus en plus avec une forme d’incomplétude.
Avoir un amant ne m’intéressait pas car ce n’était pas ce qui se disait en moi. C’était plus profond que çà sans pouvoir mettre des mots dessus. Et malgré les discussions avec mon mari, rien ne changeait. Je sentais cet appel au fond de moi, comme un cri.
J’ai donc entrepris de faire une thérapie pour pouvoir mettre des mots sur les maux. Pendant un an, j’ai creusé, fouillé, dégagé et abordé des zones d’ombre. Ma maison intérieure s’est agrandie et plus elle s’agrandissait, plus je me découvrais autrement que la version formatée que j’avais mise en place.
Toute cette transformation mit en lumière des forces mais aussi des failles et elle finit par me révéler que j’avais fini de faire mon bout de route avec mon conjoint actuel.
Ce fut difficile à regarder et à entendre mais ce fut aussi confirmé par ces paroles quand il m’annonça que chez lui, il n’avait pas l’intention de faire bouger quoi que ce soit. Nos chemins n’allaient plus dans la même direction.
Alors je suis partie avec mes deux enfants. Pas de boulot ni de formation en poche, j’ai atterri dans un appartement avec comme meubles dans le salon une télé et les cartons du déménagement dépliés par-terre pour servir de canapé.
Là… au milieu de cette pièce dénudée, je me suis sentie tout à coup libérée et je me suis mise à respirer.
J’ai repris ma vie de femme en main. Elever deux enfants adolescents seule fut difficile, et cela pendant dix ans.

Au début, il a fallut que je m’occupe d’eux du fait de la séparation. Il y avait le mode de garde à régler avec leur père qui n’y mettait pas du sien parce qu’il avait besoin de régler ses comptes d’une certaine manière.
Mais le juge aux affaires familiales a statué sur une garde alternée.
Cela me facilitait la vie car je pouvais profiter de quinze jours pour moi toute seule et m’occuper vraiment de moi, de ma vie de femme. Pendant quinze jours, je n’étais plus dans mes obligations parentales.
Cela a duré très peu de temps puisque mon ex-conjoint ne digérant pas la séparation et voulant se venger, n’a rien trouvé de mieux que de fuir en Outre-Mer où, mis à part une lettre dans l’année, il ne donna plus signe de vie à ses enfants. L’abandon était total.
Au début, j’ai dû compenser. Et par la suite aussi. Occuper les deux rôles de père et de mère quand un parent est défaillant ou absent demande une énergie phénoménale, surtout quand vous avez en face de vous des ados qui sont dans leur phase d’ados et qui plus est, vivent un abandon.
Au milieu de tout çà, j’ai eu à leur expliquer que je n’étais pas qu’une mère et une maman. J’étais aussi une femme et je ne comptais pas mettre cela de côté.
Je leur ai donc dit qu’ils avaient aussi à se prendre en charge sur leur façon d’être et de faire à la maison car je ne ferai pas tout à leur place.
Ils ont compris très vite et nous nous sommes organisés pour que tout le monde s’y retrouve.
J’ai pu ainsi aller en discothèque avec mes amies, partir en week-end avec elles, manger au restaurant, aller me former 8 mois dans une région pour construire ma vie professionnelle et prendre soin de ma vie amoureuse et sexuelle sans me sentir coupable en quoi que ce soit.
Cette part de moi qui criait en profondeur était enfin entendue et je me sentais sereine.

Parce que nous ne sommes pas que des épouses ou conjointes. Nous ne sommes pas non plus que des mamans que ce soit pour des enfants et même souvent un conjoint.
En chacune de nous, il y a une Femme à respecter dans le sens le plus sacré.
Une Femme qui a envie de rire, de chanter, de déconner, de partir, de virevolter.
Une Femme qui a envie de découvrir son corps dans une sexualité épanouie.
Une Femme qui a besoin d’être respectée dans son expression la plus pure. Qui n’a pas toujours envie d’être dans la séduction, de mettre des talons hauts, des bas, de la dentelle affriolante mais qui a aussi envie de se promener pieds nus, de ne pas se maquiller, de se dire qu’elle ne ressemble à rien mais qu’elle s’en fout parce que, elle, elle se sent bien comme çà même si ça ne correspond pas à la norme.

Que faites-vous pour cette Femme qui sommeille en vous ?
Êtes-vous toujours en train de la farder et de l’apprêter par peur de perdre l’autre ou pour l’attirer ? Ou la laisser vous être ce qu’elle a envie d’être même si l’autre à côté n’est pas satisfait ?
Ecoutez à chaque fois ce qui crie en vous, prêtez-lui de l’attention et respectez ce que vous entendez parce que c’est là que vous allez trouver les réponses à de nombreuses situations dont vous souffrez.
Patricia Voisin-Aujoux (Accompagnement de l’Être) 
sensetharmonie.com 
Pour me contacter : patricia.voisin@yahoo.fr

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