Enfant intérieur et créativité

On attribue à Pablo Picasso une citation qui dit : « chaque enfant est un artiste. Le problème c’est de rester un artiste quand on grandit ». Une autre citation que l’on lit régulièrement dit aussi que derrière chaque adulte créatif, on trouve un enfant qui a survécu.
Mais qu’est-ce que la créativité ? 
Elle est très souvent réduite à l’exercice d’une activité artistique. Peu de gens s’estiment créatifs lorsqu’ils n’exercent pas d’activité manuelle, ou de loisirs dits artistiques. Nous pouvons tout à fait être des personnes très créatives, même en n’exerçant aucune discipline purement artistique. J’estime qu’un comptable peut tout à fait être très créatif, alors même que son métier est loin d’être perçu comme tel ! En effet, si l’on se tient à la définition de la créativité : « La créativité décrit — de façon générale — la capacité d’un individu ou d’un groupe à imaginer ou construire et mettre en œuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème. ». On peut tous faire preuve de créativité dans nos vies à plusieurs niveaux.

Mais qu’est ce qui nous retient dans notre créativité ? Qu’est-ce qui fait qu’on peut avoir l’impression de ne pas être créatif ?
Le jeune enfant est pourvu naturellement de créativité, de spontanéité, de curiosité qui sont absolument fabuleuses à observer quand on s’y intéresse. Tous les parents ont un jour expérimenté et pu s’émerveiller devant l’imaginaire de leurs enfants. Les écouter commenter leurs dessins, les surprendre en train de se raconter des histoires entre eux, et jouer à « Et si on disait que… » nous étonne, nous déroute souvent car leur imagination paraît sans limite !

Alors que ce talent est naturel et sans doute inné, durant toute notre enfance nous sommes éduqués de manière à nous conformer à des normes. Cela crée et alimente croyances, freins, et érige des barrières entre nous et notre créativité. Les adultes dressent rapidement des limites autour des enfants, pour leur sécurité entre autre, et évidemment qu’il en faut pour vivre en société, mais souvent elles s’accompagnent d’autres limites d’ordre psychologique, reflets des propres peurs et croyances des adultes qui éduquent. Rien de notre système éducatif existant depuis des décennies n’encourage l’initiative, l’audace et rien ne permet aux personnalités singulières de chacun d’entre nous de s’exprimer.

Petit à petit nous avons tous appris à faire taire nos petites voix intérieures, notre créativité pour « rentrer dans le moule ».
Dans le système éducatif, la transmission des savoirs fondamentaux prime sur toute autre matière artistique (musique, dessin, théâtre…).
Le système éducatif actuel, même s’il est en train de changer, cherche à remplir des cerveaux de connaissances plus qu’il ne leur apprend à se servir de leurs ressources. Il y a également beaucoup de croyances ancrées dans notre société qui accompagnent les carrières artistiques/créatives. « un artiste ne gagne pas sa vie », « tu ne peux pas en faire ton métier », « c’est une activité de loisir… ». Les mythes des artistes « malheureux et tourmentés» comme Van Gogh, ou certains écrivains, alimentent nos cours d’histoire et d’arts plastiques. Les gens qui « osent » sortir du cadre, qui font tout pour ne pas se conformer aux « normes » sont largement jugés comme « originaux », « décalés », incapables de « s’adapter ». Rien qui n’encourage la créativité ou ne permette d’entretenir ce talent naturel chez l’enfant.

Comment se reconnecter à notre créativité alors ? Il faut accepter de se tromper et se libérer du jugement des autres.
En osant abandonner les métiers du marketing, de la communication et du conseil, et en me tournant vers un métier artisanal, plus artistique, j’ai réappris à me tromper. J’ai dû accepter que me tromper c’était progresser, plus encore que dans d’autres disciplines ou métier. Se tromper, cela fait partie du processus de création. Notre culture, qui relève les erreurs, et qui les sanctionne a ancré en nous une vision de l’erreur très négative. Se reconnecter à sa créativité c’est donc accepter de nouveau d’oser et de se tromper, et de ne pas avoir peur du jugement des autres, et encore moins de son propre jugement ! Les enfants sont de beaux exemples pour cela ! J’admire la capacité de ma fille à choisir des vêtements complètement dépareillés sans avoir peur du regard des autres, juste parce qu’elle trouve cela beau et qu’elle se sent bien dans ses vêtements.

Je suis assez subjuguée par la faculté des enfants à dessiner des univers sans se demander quel sera le regard des autres sur leurs oeuvres. Cela leur parle, ils expriment tout simplement leurs émotions et leurs imaginaire. Cela leur suffit, et ils se fichent de savoir si c’est beau, correct ou parfait !

Remplir son agenda avec du « rien ». 
En renouant avec un métier artisanal et créatif, j’ai aussi dû accepter de mettre du « vide » dans ma vie. De m’ennuyer. Sans ennui, sans vide, point de créativité. Elizabeth Gilbert dans son livre « Comme par Magie *», a une jolie image pour expliquer comment les idées viennent aux créatifs. D’après l’auteur, les idées choisissent un cerveau disponible au moment où elles ont envie de s’incarner. Si vous ne laissez pas de « place » dans votre cerveau, dans votre emploi du temps, votre créativité ne pourra s’exprimer. Il en est de même avec les enfants. S’ils ne s’ennuient pas, si on les occupe absolument (pour éviter qu’il ne fasse des bêtises, qu’ils ne traînent dans nos pattes…) ils ne développent pas leur imaginaire ! Offrez-vous, comme à vos enfants, des espaces de « rien ». Et quand vous butez sur un problème auquel vous ne trouvez pas de solution, offrez-vous une ballade en forêt, ou un bon bain chaud !

Ne « rien faire » vous permettra sans doute de trouver la solution à votre problème !
Faire tomber les limites ! 
Autorisez-vous à retomber en enfance pour vous reconnecter à votre créativité ! Autorisez-vous à écouter votre enfant intérieur. Et si vous aviez 30, 40, 50 ans de moins ? Que feriez-vous face à telle ou telle situation ? Faites tomber les limites ! Au moins dans vos pensées. En alimentant le « tout est possible » si profondément ancré dans le mode de pensée des enfants, vous vous reconnecterez à votre créativité. Je joue régulièrement dans mon esprit au « on dirait que… » comme quand j’étais petite. Parfois cela donne des résultats assez surprenants ! Et surtout, cela ouvre de nouveau le champ des possibles !

2 Comments

  • Je suis retombe en enfance alors depuis longtemps où peut être n en suis je jamais sortie. Dans tout les cas C est un état que j aime beaucoup car elle me permet de laisser cours à mon imagination et cela me fait du bien et aussi à celles qui portent mes creations

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